Yan Lohendra affirme une proximité avec l’esprit de la Zeuhl, courant musical initié par le groupe Magma, et ne cherche pas à produire des musiques qui plaisent à tout le monde.

Par son album Star Heaven, Yan Lohendra évoque selon un mode prophétique le transhumanisme qui aboutira à faire de l’oligarchie des surhommes presque immortels, la conquête de l’espace vers lequel cette caste migrera, grâce à l’exploitation des humains et de la nature jusqu’à l’épuisement et la destruction, tout cela représentant l’hybris capitaliste à laquelle la nature, la vie et la lutte des classes mettront fin.

Le deuxième album The Ten Commandments fait allusion à la scène culte du film « They live » dans laquelle se dévoilent des injonctions subliminales visibles partout en ville. Celle-ci donnent leurs titres aux musiques. Le récit du film exprime de manière métaphorique la lutte contre le Capitalisme. Chacun des douze morceaux possède un sens donné par le titre et par la musique elle-même. L’album s’ouvre par une injonction à la révolte, suivi des dix commandements du Capitalisme et se termine par une incitation à l’éveil.

L’album Upsilon Plus raconte l’histoire de Sandra T. qui se transforme progressivement en un être différent, appelé « Upsilon Plus » et va vivre un parcours initiatique, sous la forme d’un récit allégorique quelque peu ésotérique, aux significations imbriquée, et qui se termine dans le doute, mais aussi par l’éveil. La musique aussi présente cet ésotérisme et une dimension expérimentale qui la rendent peu adaptée au grand public.

Yan Lohendra, adepte du bouddhisme, de la méditation, du végétalisme et du crudivorisme, aime aussi les randonnées dans des lieux escarpés. Appréciant l’oeuvre de Jacques Ellul, il n’aime guère les techniques aliénantes et la société moderne. Comme le Dalaï-Lama, il se dit moitié bouddhiste, moitié marxiste.